Portrait d’une sage-femmeMai 2019

1. Comment vous est venue l’envie d’être sage-femme ?

J’ai réalisé mon stage de 6ème secondaire à l’hôpital dans une maternité où j’ai pu voir un accouchement, ça a été le déclic.

 

2. Quelle formation avez-vous suivie ?

J’ai un diplôme d’infirmière graduée ainsi qu’un diplôme de sage-femme.

 

3. Quel a été votre parcours professionnel jusqu’ici ?

Après l’obtention de mon diplôme, j’ai débuté à l’hôpital Brugmann à Bruxelles. J’ai ensuite suivi une formation en alternance en haptonomie pendant 7 ans.

Haptonomie : Méthode de préparation à l’accouchement fondée sur la communication avec le bébé encore au chaud dans le ventre de sa maman et l’association du futur papa à la grossesse (source : magazine en ligne « Au Féminin Belgique »).

 

4. Qu’appréciez-vous particulièrement dans votre métier ?

Dans mon métier, j’apprécie la relation humaine ainsi que délivrer des informations correctes aux parents pour qu’ils puissent se faire leur propre opinion et reprendre le pouvoir décisionnel sur la grossesse et l’accouchement.

 

5. Pourriez-vous nous raconter une journée type dans votre travail ?

Pour moi chaque journée est différente. Le déroulement est aléatoire : pré et post natal, visite à domicile, accouchement…. Travailler sans canevas, c ‘est ce que j’aime !

 

6. Quels souvenirs avez-vous du premier accouchement que vous avez accompagné ? et pourriez-vous nous raconter un autre moment qui vous a marquée ?

C’était génial, vraiment émotionnel. Mais j’ai aussi vu des tas de situations qui auraient pu être différentes si l’accompagnement avait été meilleur.

 

7. Pourriez-vous nous raconter un autre moment qui vous a marquée ?

J’ai malheureusement constaté dans ma carrière des marquages négatifs sur les femmes dus à des violences obstétricales faites par certains gynécologues hommes, paternalistes et machos.

 

8. Quelle méthode de préparation à la naissance proposez-vous à vos patientes ?

Je fais un accompagnement global en fonction des attentes des parents, du sur-mesure. Pour moi, responsabiliser les parents dans leurs choix est primordial, ainsi que leur donner un maximum d’informations pour qu’ils puissent cheminer vers leur propre choix.

 

9. Obtenez-vous un regain d’intérêt des futurs parents pour les naissances plus naturelles, moins médicalisées ?

Oui, clairement. L’OMS (Organisme Mondial de la Santé) a déclaré récemment que les mamans avaient le choix d’accoucher comme elles le veulent et où elles le souhaitent. C’est l’effet boomerang du « trop médicalisé » pratiqué pendant de nombreuses années qui est remis en question pour plus de liberté de choix.

 

10. Que pensez-vous des maisons de naissance ?

C’est intéressant pour les parents qui ont un chemin différent et qui font la démarche de réfléchir et de s’engager autrement. Bien sûr les sages-femmes « filtrent » les parents dits « à risque ». 

 

11. Quelle est votre opinion sur les accouchements à la maison ?

Tout dépend de la personnalité des gens, la sage-femme va les confronter à la réalité pendant la préparation à la naissance et va voir s’ils sont vraiment en adéquation avec leurs attentes. Ici, les sages-femmes « filtrent » encore plus les parents. Ce qui prime, c’est la sécurité du bébé et de la maman. Les sages-femmes pratiquant des accouchements à domicile sont très rigoureuses ; il en va de leur responsabilité.

 

12. Quelles sont les qualités nécessaires à vos yeux pour être sage-femme ?

De la bienveillance, du respect, de l’ouverture d’esprit et bien sûr être capable de s’adapter. Il faut connaître ses limites pour la sécurité de la maman et du bébé.

 

13. Avez-vous des enfants ? Si oui, le fait de devenir mère a-t-il changé votre façon d’aborder votre métier ?

J’ai deux fils, 20 ans et 16 ans, leurs naissances ont participé à me faire mûrir dans le métier.

À la naissance de mon premier fils, j’ai fait une psychanalyse qui a duré 10 ans pour arriver à fermer certains dossiers personnels et surtout pour arriver à bien séparer mon propre vécu de celui des (futurs) parents. Il faut pouvoir les accompagner dans leur propre histoire et toujours garder une clairvoyance professionnelle.

 

14. Quels sont les soins que vous recommandez aux futures mamans pendant la grossesse pour préserver leur peau ?

Beaucoup de femmes n’ont pas la peau suffisamment hydratée. Je leur propose des produits d’hydratation et de massage. Par le massage, on apprend aussi le maternage. Si on prend soin de soi, on prendra bien soin de bébé. De plus c’est l’occasion de voir le vécu de l’enfance des parents. Les soins affectifs et psychiques permettent aux mamans et aux papas d’apprendre à découvrir leurs ressources et les implications éventuelles qu’ils peuvent avoir. Une implication du papa permet de mieux appréhender la naissance et l’accueil du bébé.

 

15. Quels types de produits dermo-cosmétiques vous paraissent les plus utiles pour prendre soin des nouveau-nés ?

Il faut bien scinder les soins à apporter au bébé en fonction de son âge. C’est une erreur souvent commise dans les communications faites aux mamans via les vidéos de massage, de toilette… et les pubs. Chez les nouveau-nés il faut privilégier l’hydratation, le massage et le liniment. À partir de 3 mois, on introduit l’usage du savon.

 

 

16. Quels sont les droits des mamans en termes de consultation, mutualité, échographies…pendant leur grossesse ?

Les mamans ont le droit à des codes qui correspondent à des consultations remboursées :

  • Avant la naissance de l’enfant elles bénéficient de douze codes
  • De la naissance au cinquième jour de l’enfant elles ont un seul code
  • Du sixième jour aux 1 an de l’enfant elles obtiennent sept ou huit codes

 

17. Que pensez-vous de Mustela ? (En toute objectivité)

Ce sont de supers bons produits que j’ai eu l’occasion de tester moi-même. J’ai une préférence pour la gamme « peau très sensible » (vraiment bonne gamme), pour les huiles de bain et de massage, pour le liniment (top 1) et pour la crème change.

 

18. Que pouvez-vous prescrire ?

Actuellement il y a une évolution. Les nouvelles diplômées peuvent prescrire dans un cadre strict, les plus anciennes sages-femmes doivent suivre une formation pour pouvoir prescrire. Cela reste assez ambivalent. Personnellement je ne vois pas la nécessité de prescrire, donc je n’ai pas fait la formation de mise à niveau.

 

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